Le dialogue avec la matière : Étain pur et Grès brut
« Pour incarner cette résistance au jetable, j'ai choisi des matériaux qui portent une mémoire.
L'étain pur, d'abord. Loin des alliages industriels sans âme, je travaille l'étain pour sa malléabilité et son éclat singulier, presque lunaire. Il faut attendre qu'il atteigne ses 232°C pour le voir devenir liquide, prêt à épouser les irrégularités d'un moule en sable. Ce processus de fusion artisanale rend chaque coulée imprévisible. Le métal ne se contente pas de remplir une forme, il réagit, il fige un instant de chaleur. L'étain conserve une texture organique, une patine qui évoluera avec vous, sans jamais perdre sa noblesse.
Puis, il y a la terre. Le grès que je façonne à la main est une extension directe de l'aspect minéral de la Corse. Travailler la céramique, c'est accepter le temps long du séchage et l'épreuve du feu. En choisissant des terres aux tons sobres et des cuissons à haute température, je cherche à retrouver la robustesse du granit et la douceur des galets polis par la mer.
Le mariage de ces deux éléments — le métal fondu et la terre cuite — crée un contraste saisissant : la brillance froide du premier répond à la matité chaleureuse du second. En maîtrisant ces deux savoir-faire, je m'assure qu'aucun intermédiaire ne vient diluer l'intention initiale.
De la première esquisse à la sortie du four ou du moule, la matière reste sous le contrôle du geste humain. »
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